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SAINT AUPRE ET SES PAUVRES

pauvesQuand on lit les délibérations des conseils municipaux, depuis leur création à la Révolution jusqu’au milieu du XXième siècle, on ne doute pas de l'extrême pauvreté de la majorité des habitants. On ne doute pas non plus des faibles ressources de la commune qui doit faire face essentiellement à l'entretien et la création des chemins, puis à la création des écoles, ou la construction de l'église, etc… Difficile, dans ces conditions, de venir en aide aux pauvres et indigents de la commune. Toutefois, quelques particuliers riches et généreux, puis les élus, vont peu à peu mettre en place des aides pour les plus malheureux.
La première manifestation de cette générosité remonte à l'an de grâce 1681, où dans son testament (reproduit in extenso dans le livre de l'histoire de Saint Aupre), le Noble André de Maximy lègue la gestion de son héritage à l'Hôpital Général de Grenoble. Ce dernier, entre autres dispositions, se doit de verser une rente annuelle de 300 francs pour apprendre un métier à 3 pauvres garçons, ou bien marier 3 pauvres filles de la commune. Le pouvoir de "nominer" les garçons ou filles est confié à son collègue, le seigneur François de Barral (conseiller au Parlement de Grenoble), et à ses successeurs. En 1812, le pouvoir de "nominer" est transmis à la veuve du Marquis Charles Louis François de Barral, qui fut le premier maire de notre commune. En 1838, c'est le bureau de bienfaisance de la commune qui prend le relais. On dit que cette rente perdurera jusqu'en 1927… J'espère pour les bénéficiaires qu'elle aura été actualisée…
On ne trouve pas d'autres legs aussi généreux sous forme de rentes, mais plusieurs particuliers feront dans leur testament des dons pour les nécessiteux, généralement de l'ordre de la centaine de francs. Parmi les donatrices, on trouve une habitante qui lègue à la commune, en 1868, 100 francs pour habiller les pauvres du hameau de la Rossetière et 300 francs pour les pauvres de Saint Aupre à l'Hospice de Voiron.

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L'Histoire de France vue de Saint-Aupre

sap0Les délibérations des conseils municipaux de la période révolutionnaire et du XIXième siècle portent principalement sur l'énoncé des lois, la création et l'entretien des chemins, la réparations des bâtiments communaux, mairie, église, école, l'octroi etc… Certaines d'entre-elles, toutefois, débordent le cadre communal et nous rendent compte, parfois de manière très imagée et dithyrambique, des grands moments de notre Histoire de France.
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LE TROU ROSSET

Peut-être au cours de promenade dans les environs avezvous découvert des trous profonds d’un aspect peu naturel et vous êtes-vous posés des questions sur leur origine?
Il y en a plusieurs sur notre commune qui sont des témoins de l’histoire de notre village et de son activité industrielle et économique au cours des siècles derniers. Il s’agit en fait d’anciennes carrières exploitées pour l’extraction de pierres calcaires ou d’une sorte de kaolin.

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L'an II de la République


Nous sommes toujours dans les années 1793 et 1794. Avant d'être requis et de rejoindre l'Armée des Alpes pour défendre la patrie, j'ai très souvent assisté aux réunions du "Conseil Général" de la commune et aux convocations de la population pour "ouïr" le Procureur (le Maire) de la commune nous faire part des lois ou décrets émanant de la Convention Nationale. J'en ai relevé quelques-uns sur différents sujets :

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Les prescriptions pendant l'époque révolutionnaire


« Je suis né à Saint Aupre en 1773. Aujourd'hui, j'ai 20 ans. Je suis peigneur de chanvre et fils de paysan. Nous sommes en 1793, an II de la République au début de la période dite de la Terreur. Le Conseil Général de la Commune se réunit très souvent et convoque la population pour l'informer de la situation et lui faire part des nombreux décrets pris par la Convention Nationale.

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Saint-Aupre-Les-Deux-Eglises

 

eglise_basSaint-Aupre compte deux clochers et deux églises. Rares sont les communes rurales qui ont cette particularité. Saint-Aupre pourrait s’appeler Saint-Aupre-Les-Deux-Eglises et faire concurrence à Colombey-Les-Deux-Eglises, rendue célèbre grâce au Général de Gaulle. Pourtant, jusqu’au milieu du dix-neuvième siècle, il n’y avait qu’une église et pas de clocher.
Elle était située au village à son emplacement ou proche de son emplacement actuel. Elle fut fermée et interdite au culte à partir de 1793 pendant la révolution, puis réouverte en grande pompe en 1804 après la signature du concordat par Napoléon, un concordat qui imposait à l’Etat, donc en partie aux communes, d’entretenir les bâtiments dédiés au culte (églises, presbytères) et d’offrir un traitement convenable aux prêtres (appelés curés, desservants ou recteurs).

Dès sa réouverture, l’église doit être réparée. C’est Monsieur le Maire qui doit avancer les frais de cette réparation, soit 418 francs, dont le remboursement sera différé chaque année jusqu’en 1814, compte tenu de la pauvreté de la commune. L’état de l’église préoccupe les habitants. Elle nécessite des réparations, elle est trop petite, incapable d’accueillir tous les fidèles pour les fêtes carillonnées et les enterrements.
En 1835, quelques habitants, sans doute riches, mais surtout très généreux, font une donation à la commune de plusieurs biens immobiliers. Cette donation est faite à la
condition que le produit de la vente de ces biens soit, en priorité, dédié à l’église pour sa restauration et son agrandissement sur l’emplacement actuel, au presbytère, puis à la maison commune…

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L'octroi

 

octroiL’octroi était une contribution perçue par les municipalités sur les marchandises les plus basiques, vin, viandes, huile, etc… qui entraient dans leur commune. Cette taxe constituait une ressource importante, mais pouvait aussi se traduire par des dépenses supplémentaires pour les habitants. Elle était, en outre, considérée par certains comme une entrave à la liberté de la circulation des marchandises. On dit d’ailleurs que les droits d’octroi furent une des causes de la Révolution. Ainsi les insurgés de 1789
mirent le feu aux barrières d’octroi avant de s’attaquer à la Bastille.
L’Assemblée Constituante supprima l’octroi en 1791, mais par suite de la baisse importante des recettes des communes, l’octroi fut rétabli en 1798 par le Directoire.
Le Saint Aupre du début du dix-neuvième siècle hésite avant d’établir l’octroi sur la Commune. Mais en 1804, la situation est désastreuse. Les recettes des contributions foncières, mobilières ( ? ) des habitants s’élèvent à 225,90 francs et les dépenses ordinaires (dont 150 francs pour salaire du garde champêtre) à 345,60 francs. La commune est en déficit de 119,16 francs et cela sans compter les dettes arriérées, dont une somme de 428 francs payée par le Maire sur ses propres deniers pour réparations du presbytère et du jardin paroissial…
(Quel exemple… à suivre… de générosité civique !!).
Le Conseil Municipal décide dès lors d’établir un octroi sur la commune, espérant quelques recettes sur les boissons livrées pour les cabaretiers des hameaux, mais aussi à l’occasion de la foire annuelle du 22 Septembre. La gestion de l’octroi sera affermée et donnée au plus offrant. Elle est mise aux enchères, qui, à l’extinction du dernier feu, atteignent la modique somme de 100 francs.
La gestion de l’octroi est mise aux enchères tous les 3 ans, des enchères qui montent jusqu’à 320 francs en 1823… Il semblerait que l’octroi ait été supprimé en 1826 ou 1829.
Mais, en 1832, le Conseil se penche à nouveau sur son budget, et, ne souhaitant pas augmenter les contributions foncières pour combler le déficit, il vote le rétablissement de l’octroi qui était perçu sur le vin avant sa suppression. Le Conseil propose les perceptions suivantes, plus ou moins acceptées par la Préfecture :

  • un franc pour chaque hectolitre de vin,
  • quatre francs pour un boeuf,
  • trois francs pour une vache etc…
  • jusqu’à vingt-cinq centimes pour un chevreau
  • et deux centimes par kilo de viande dépecée…

L’octroi de Saint Aupre va ainsi perdurer avec des recettes non négligeables comme celles du droit de place à la Foire, ainsi qu’en témoigne le budget de 1840 où, pour une recette totalede 980 francs, celle des droits d’octroi est de 243 francs et celle des droits de place à la foire de 115 francs…
Il semblerait qu’ensuite et progressivement les recettes de l’octroi aient diminué par rapport au budget. Ainsi, en 1859, le Conseil cite le peu d’importance de l’octroi qui n’est plus affermé et est géré directement par la Commune. En 1867, le Conseil décide qu’il y a lieu d’affermer, sinon, il faudrait employer des agents dont le salaire absorberait la plus grande partie des produits. Mais les recettes de l’octroi diminuent toujours et paraissent très minimes au Conseil Municipal de 1872, qui cependant maintient l’affermage.
En 1881, un membre du Conseil expose que l’octroi est peu productif, que les droits établis sur les boeufs, vaches, veaux, chèvres et moutons sont illusoires car n’ayant pas de bouchers sur la commune, il ne s’en tue presque pas, sauf chez l’habitant où la perception de la taxe est difficile, et que, en conséquence, il propose la suppression de l’octroi. La proposition est rejetée mais les droits d’octroi ne seront plus établis que sur les vins, quatrevingts centimes par hectolitre, et sur les porcs, un franc quatre-vingt-dix par tête.
L’octroi est prolongé en 1884, puis en 1887, bien qu’un membre du Conseil ait présenté une pétition, signée par un certain nombre d’habitants, pour la suppression des droits d’octroi, puis en 1891. Mais c’est le début de la fin. Le 26 Février 1893, le Conseil décide, par 7 voix contre 3 et une abstention, la suppression de l’octroi. Le Préfet demande
au Conseil de réfléchir avant d’appliquer cette décision car l’octroi rapporte 310 francs à la commune, soit un peu plus de 10 % de ses ressources ordinaires. Il lui demande de délibérer sur les conséquences de cette mesure. Mais, le Conseil persiste, et le premier Octobre 1893, considérant que le bénéfice des fermiers de l’octroi est au détriment des contribuables, que l’octroi empêche la circulation des marchandises de première nécessité, c’est par 7 voix à zéro, un bulletin blanc et une abstention, qu’il maintient sa décision de fermeture.
C’est la fin de l’octroi qui aura duré pratiquement tout le dix neuvième siècle.
Deux cents ans après la création de l’octroi…
Un habitant qui souhaite garder l’anonymat demande au Conseil de réfléchir sur la création, pour la foire annuelle, d’un octroi sur les boissons, sur les poules, le riz,… et les chèvres. La recette pourrait être consacrée à une diminution significative des impôts.

Gérard Sainfort


 
L'Ecole publique

 

pupitre..jpgDepuis la plus haute antiquité et jusqu’à la Révolution, l’enseignement dépend des sanctuaires religieux et, reste dispensé essentiellement aux fils des nobles qui se destinent à l’étude et à la religion. L’école, ouverte à tous et toutes, obligatoire et gratuite, est une idée de la Révolution, idée inscrite dans la Constitution de 1791. Mais son application sera très difficile.

L’obligation est abandonnée pour ne pas mettre en difficulté les pauvres qui font travailler leurs enfants. Puis la gratuité disparaît en 1795. Sous l’Empire, l’école redevient confessionnelle. Toutefois, les communes sont incitées à créer des écoles publiques malgré l’opposition du clergé. Sous le règne de Louis Philippe, dit Monarchie de Juillet, la tâche de moderniser l’enseignement primaire est confiée à François Guizot, ministre de l’instruction publique. Ce sera la loi Guizot du 28 Juin 1833. Elle impose aux communes de plus de 500 habitants de créer une école pour les garçons (le projet d’école pour les filles est rejeté), ou, à défaut, de subventionner une école privée. L’instruction primaire comprend l’instruction morale et religieuse, la lecture, l’écriture, les éléments de la langue française, le système légal des poids et mesures…

La construction et l’entretien de l’école, le logement et le salaire de l’instituteur, qui ne doit pas être inférieur à 200 francs par an, sont à la charge de la commune. L’instituteur est nommé par le Conseil Municipal, après avis d’un Comité Communal constitué par le Maire, le Curé et deux ou trois notables ou conseillers de la commune. Ce Comité a notamment pour mission de seconder les vues généreuses du gouvernement pour la propagation de l’instruction populaire.
Ces obligations de création d’école ne seront pas suivies par toutes les communes. Pourtant, trois ans plus tard, on réagit à Saint-Aupre … …

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Les chèvres à Saint Aupre

 Comme chacun sait , c'est grâce à la gentillesse de quelques éleveurs , sollicités et bien chouchoutés par Maurice Delphin, qu'une dizaine de chèvres sont présentes à notre foire aux chèvres pour le plus grand plaisir des jeunes visiteurs...Et pourtant, il y a 200 ans, il y avait pléthore de chèvres à Saint-Aupre....

 

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Saint-Aupre au passé


Cette rubrique sur Saint Aupre au passé veut s'appuyer sur des récits, des documents, des vieilles délibérations des conseils municipaux,...pour nous faire revivre les faits marquants, les réflexions inattendues et parfois surprenantes de ceux qui nous ont précédés dans les siècles passés comme habitants de notre commune.
Comme notre foire annuelle approche, nous vous proposons des extraits des délibérations relatifs à cet évènement. Ils remontent à plus de cent cinquante ans.
Avant de les présenter, pour ceux qui s'intéressent à notre passé communal, nous leur signalons le livre extrêmement documenté de Gilbert Barral et Gisèle Durand sur Saint Aupre Ses origines, son histoire >, et celui de Danièle Douzet relatif à la foire « Les demoiselles de la Rossetière ». Un des extraits des délibérations présentées ci-dessous est d'ailleurs référencés dans leurs livres.

 

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