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Matinal par pure curiosité, un petit
groupe de Saintaupriens, amoureux de
leur commune, de son histoire et de
son environnement est parti à la découverte du marais.
A Saint-Aupre, la nature est partout et
souvent à notre porte ! Encore faut-il,
chacun avec sa sensibilité, en prendre
conscience, savoir s'en émerveiller et
pourquoi pas la protéger.
Le marais en est un bel exemple.
Synonyme, dans la mémoire collective,
de lieu maléfique où règnent les trolls
ou autres sorcières, infesté de maladies
(d’où le lieu-dit "la Maladière") et de
moustiques assoiffés de sang, le marais
est avant tout un écosystème d'une
biodiversité extraordinaire, vulnérable
et magique.
C’est dans cette « zone humide » que
de nombreuses espèces, végétales ou
animales, rares, protégées, et ou menacées
évoluent et se reproduisent.
Une découverte des lieux s’imposait
afin de découvrir cet environnement
d’une haute valeur écologique et pédagogique.
Barbara, Marie-Noëlle et Cécile
avaient répondu présent à l’invitation
de David Latassa, accompagné de Jérémie,
pour cette balade extraordinaire.
Les filles ont aimé, apprécié et ont souhaité
nous faire partager ce grand moment
de bonheur à nous, les lèvetard…
qui pour une fois, aurions mieux
fait de nous lever !
Voici leurs témoignages...
Un bon guide naturaliste dispose :
- d’un vocabulaire très précis;
- d’un équipement de professionnel du
terrain : de bonnes bottes (et non de
vieilles chaussures de rando, des vêtements
« couleur forêt » (et non d’un
orange vif),
de puissantes jumelles
grossissant jusqu’à 40 fois (et non des
jumelles de théâtre), voire une longuevue
sur trépied,
ainsi que des épuisettes
de tailles diverses ;
- d’appeaux divers, dont certains fabriqués
avec une languette de canette de
boisson pétillante sucrée : celui imitant
le rouge-gorge montrera son efficacité,
l’oiseau venant d’un seul coup se percher
au-dessus de nos têtes pour défendre
son territoire.
D’ailleurs saluons la
performance de Jérémie
qui à lui seul, a
« cuicuité » (du verbe
cuicuiter) un nombre
incalculable de chants
tel un magicien des
ondes !
Entends-tu le « coucoulouloucoucou »,
non ? C’est parce que le « tata tatata
tata » est le plus sonore, « tiens voilà
cyprien » (phrase mémotechnique du
chant du pinson) Nous avions à coup
sûr deux très bons guides, et avec eux,
nous en avons pris plein les yeux et les
oreilles !
Nous avons appris que les salamandres,
les crapauds ou les lézards verts,
qui nous effraient tant, sont une aubaine
dans nos jardins, car ils sont les prédateurs
de certains ravageurs de nos
fleurs. Dommage que nous ayons du
slalomer entre les nombreuses salamandres
écrasées sur la route de la
Maladière !
Saviez-vous que le lierre n'est pas une
plante nuisible et n'étouffe pas les arbres
mais qu’il est un véritable gardemanger
et un abri pour les oiseaux en
période de disette au moment des
grands froids ?
Savez-vous aussi que les oiseaux sont
fidèles en amour et qu'ils peuvent ne
plus se reproduire pendant quelques
années à la suite de la disparition de
leur compagnon et… que la grive musicienne
casse les escargots sur des pierres
(appelées < forges>) pour s'en
nourrir ?
Nous nous sommes arrêtés ici ou là,
essayant de reconnaître les premiers
chants d’oiseaux, merle, rouge-gorge,
roitelet, mésange…
Le long des méandres de la Morge,
nous avons observé les pontes de grenouilles,
l’écrevisse à pieds blancs, une
truite aussi dans des trous d'eau claire,
apprécié les traces et le passage ré pété
des chevreuils (les coulées) ainsi que l'emplacement
de leur couchette.
A terre comme dans l’air, dans
l’eau comme dans les arbres,
le spectacle est partout.
Ouah ! Quelle leçon de choses
! Troncs criblés par les pics verts,
nids de corvidés (corneilles ou corbeaux),
couchettes de chevreuils, pelotes
d’oeufs de grenouilles …
Et l’aulne
glutineux, le reconnaissez-vous cet arbre
typique des zones humides dont les rondins
sont orangés ?
Et puis tout à coup, nous voici
à la roselière, le royaume des
fauvettes qui accrochent leur
nid à ses « sagnes », la chasse
gardée des grives musiciennes,
des canards, des hérons… et
puis feu d’artifice pour finir
cette magnifique balade, l’observation
de la construction de son nid par un milan
noir !
Enivrés de mélodies, sans pour autant
avoir boulotté des bourgeons comme le
font les chevreuils (les chevreuils en
mangeant des bourgeons, s’enivrent, et
c’est pourquoi, quelque fois certains titubent
!), époustouflés par les pervenches
et les anémones à perte de vue, c’est à
regret que nous nous sommes séparés…
Comme on voudrait que quelquefois le
temps s’arrête..
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